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L’assurance-vie luxembourgeoise expliquée aux familles francophones
Consultation confidentielle
Pays de résidence · Italie

L’assurance-vie luxembourgeoise pour un résident en Italie

Impôt de substitution de 26 % sur la seule part de gain, 12,5 % pour la part investie en titres d’État, taxe annuelle de 0,2 % sur la valeur, déclaration au quadro RW, capital décès hors succession : l’Italie est l’un des marchés les plus actifs du contrat luxembourgeois, et l’un des plus exigeants sur la réalité du risque assuré.
10 min de lecture · Revue le 20 octobre 2026 · Sources primaires citées en bas de page
L’essentiel en trente secondes
  • Au rachat, l’Italie applique une imposta sostitutiva de 26 % sur la différence entre le montant reçu et les primes versées ; la part du rendement provenant de titres d’État italiens ou assimilés est imposée à 12,5 %.
  • Pendant la vie du contrat, aucune imposition des arbitrages ni des revenus internes ; une taxe annuelle de 0,2 % (imposta di bollo ou IVAFE selon le statut de l’assureur) s’applique sur la valeur du contrat.
  • Le contrat souscrit auprès d’un assureur étranger se déclare chaque année au quadro RW de la déclaration de revenus, sauf si l’assureur a opté pour agir comme substitut d’impôt en Italie.
  • Le capital décès versé au bénéficiaire désigné n’entre pas dans la succession (article 1920 du Code civil) et est exclu de l’impôt sur les successions ; sa composante financière peut être imposée au titre de l’impôt de substitution.
  • La jurisprudence italienne exige qu’un contrat en unités de compte comporte un risque démographique réel pour être traité comme une assurance ; les contrats conçus pour la clientèle italienne respectent cette exigence.
Sommaire
  1. L’Italie, un grand marché du contrat luxembourgeois
  2. Fiscalité italienne du contrat : 26 %, 12,5 % et la taxe de 0,2 %
  3. Le risque démographique : ce que la Cour de cassation exige
  4. Le lien avec la France
  5. Questions fréquentes
  6. Sources et références

L’Italie, un grand marché du contrat luxembourgeois

Après la France, l’Italie est le pays où les assureurs luxembourgeois ont le plus développé leur activité en libre prestation de services. Les raisons tiennent au droit italien lui-même : un régime fiscal de différé comparable à celui de la France, une protection civile forte du capital assuré, et un marché domestique où la gestion sous mandat dans un contrat d’assurance (la polizza en unités de compte à gestion dédiée) est une pratique installée dans les banques privées.

Le contrat luxembourgeois s’insère dans ce cadre sans friction : souscription en libre prestation de services, assureur appliquant le droit fiscal italien, souvent avec l’option d’agir comme substitut d’impôt, architecture de supports décrite dans notre page sur le fonds interne dédié, protection du triangle de sécurité. Les familles franco-italiennes, nombreuses entre Milan, Turin, Rome et la Côte d’Azur, y trouvent en plus un contrat qui suit le déménagement dans les deux sens.

Ce qui distingue l’Italie, c’est l’attention portée par ses juges et son administration à la nature réelle du contrat. Un contrat en unités de compte qui ne ferait courir à l’assureur aucun risque lié à la vie de l’assuré n’est pas une assurance aux yeux de la Cour de cassation, avec les conséquences fiscales et civiles qui en découlent. C’est le point central de cette page, après la fiscalité. Pour le volet général du départ de France, notre page non-résident et expatrié s’applique.

Fiscalité italienne du contrat : 26 %, 12,5 % et la taxe de 0,2 %

L’impôt de substitution au rachat

Les revenus d’un contrat d’assurance-vie sont, pour un résident italien, des revenus de capitaux soumis à une imposta sostitutiva de 26 %, assise sur la différence entre le montant reçu (au rachat, à l’échéance ou au décès) et les primes versées. La part du rendement qui provient de titres d’État italiens, de titres d’États de la liste blanche ou d’organismes supranationaux est imposée à 12,5 % ; l’assureur calcule cette part selon la composition des supports. Aucune imposition n’intervient pendant la vie du contrat, quelle que soit la fréquence des arbitrages.

Qui perçoit l’impôt

Si l’assureur luxembourgeois a exercé l’option pour agir comme substitut d’impôt en Italie, directement ou par un représentant fiscal, il retient l’impôt au rachat et le reverse ; le souscripteur n’a rien à déclarer au titre de ce revenu. Si l’assureur n’a pas exercé l’option, le souscripteur déclare le revenu lui-même, dans la section II-A du quadro RM, et paie l’impôt par le formulaire F24. La question de l’option se pose avant la souscription ; elle change la charge administrative pendant toute la vie du contrat.

La taxe annuelle de 0,2 %

L’Italie prélève chaque année 0,2 % de la valeur des produits financiers. Pour un contrat d’assurance étranger, elle prend la forme de l’IVAFE, calculée sur la valeur de rachat au 31 décembre au prorata des jours de détention et payée par le souscripteur, ou de l’imposta di bollo virtuale lorsque l’assureur a opté pour la percevoir lui-même. Dans les deux cas, le coût est le même ; seule la manière de le régler diffère.

Le quadro RW

Un résident italien qui détient un contrat auprès d’un assureur établi hors d’Italie doit le déclarer chaque année au quadro RW (surveillance fiscale des avoirs étrangers), avec le code prévu pour les polices d’assurance-vie et la valeur de rachat au 31 décembre. Lorsque l’assureur a opté pour agir comme substitut d’impôt et percevoir le bollo, la déclaration est limitée à la surveillance, sans calcul d’IVAFE. L’omission expose à des sanctions proportionnelles à la valeur non déclarée.

Repères au 20 octobre 2026, à confirmer avec un conseil italien.
ÉlémentRégime italien (repères)
Rachat, part de gainImposta sostitutiva de 26 % ; 12,5 % sur la part issue de titres d’État et assimilés
Arbitrages et revenus internesNon imposés
Valeur du contrat, chaque année0,2 % (IVAFE ou imposta di bollo selon l’option de l’assureur)
DéclarationQuadro RW chaque année ; quadro RM si l’assureur n’est pas substitut d’impôt
DécèsHors succession ; composante financière soumise à l’impôt de substitution

Le risque démographique : ce que la Cour de cassation exige

Par un arrêt de 2019 (Cass. civ., n° 6319/2019), la Cour de cassation a jugé qu’un contrat en unités de compte où l’assureur ne supporte aucun risque lié à la durée de la vie humaine, et où le capital versé au décès ne dépend que de la valeur des supports, n’est pas un contrat d’assurance mais un produit financier. La conséquence est double : perte du régime fiscal de l’assurance et perte des protections civiles propres à l’assurance, notamment l’insaisissabilité relative de l’article 1923 du Code civil et l’exclusion du capital de la succession.

Les assureurs luxembourgeois qui servent la clientèle italienne ont intégré cette exigence : leurs contrats comportent une garantie décès additionnelle, exprimée en pourcentage de la valeur du contrat et parfois dégressive avec l’âge, qui matérialise le risque démographique. Avant de souscrire depuis l’Italie, la question à poser est précise : « Quelle est la garantie décès du contrat, et comment est-elle calibrée pour satisfaire la jurisprudence italienne ? »

Sur le plan fiscal, l’article 34 du décret du Président de la République n° 601/1973 exonère de l’impôt sur le revenu le capital décès pour sa seule composante de couverture du risque démographique ; la composante financière reste soumise à l’impôt de substitution, selon les modalités précisées par l’administration en 2016. Et l’article 12 du décret législatif n° 346/1990 exclut de l’actif successoral les indemnités d’assurance-vie versées aux bénéficiaires, ce qui rejoint l’article 1920 du Code civil : le bénéficiaire reçoit le capital en vertu d’un droit propre, hors succession. L’Italie impose par ailleurs les successions à des taux modérés (4 % en ligne directe au-delà d’un million d’euros par héritier), ce qui rend ce traitement moins décisif qu’en France, mais tout aussi utile pour la clause bénéficiaire que nous décrivons dans notre page sur la transmission.

Le lien avec la France

Pour le Français qui s’installe à Milan ou à Rome, le contrat ouvert avant le départ continue. Tant qu’il réside en Italie, la France ne prélève rien sur les rachats d’un contrat luxembourgeois, puisque le prélèvement forfaitaire de l’article 125-0 A ne vise que les contrats souscrits auprès d’assureurs établis en France ; c’est l’impôt de substitution italien qui s’applique. Au décès, le prélèvement de l’article 990 I s’applique si le bénéficiaire est domicilié en France au décès et l’a été six des dix années précédentes.

Les familles franco-italiennes utilisent souvent le règlement européen 650/2012 pour choisir la loi applicable à leur succession, le droit italien connaissant lui aussi une réserve héréditaire, avec des parts différentes de celles du droit français. La clause bénéficiaire s’écrit en cohérence avec ce choix.

Points de vigilance
  • Vérifier que le contrat comporte une garantie décès suffisante pour satisfaire la jurisprudence italienne sur le risque démographique.
  • Demander à l’assureur s’il agit comme substitut d’impôt en Italie : cela détermine la retenue au rachat, le bollo et l’étendue du quadro RW.
  • Ne jamais omettre le quadro RW ; les sanctions sont proportionnelles à la valeur non déclarée.
  • Intégrer la taxe annuelle de 0,2 % dans le coût total du contrat, avec les frais de gestion.
  • Pour les bénéficiaires domiciliés en France, prévoir l’article 990 I.

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Questions courantes

Questions fréquentes

Comment est imposée une assurance-vie luxembourgeoise en Italie ?
Au rachat, par une imposta sostitutiva de 26 % sur la différence entre le montant reçu et les primes versées, réduite à 12,5 % pour la part du rendement issue de titres d’État italiens et assimilés. Aucune imposition n’intervient pendant la vie du contrat. Une taxe annuelle de 0,2 % s’applique sur la valeur du contrat.
Dois-je déclarer mon contrat luxembourgeois au quadro RW ?
Oui, chaque année, avec la valeur de rachat au 31 décembre. Si l’assureur a opté pour agir comme substitut d’impôt et percevoir l’imposta di bollo, la déclaration est limitée à la surveillance ; sinon, l’IVAFE de 0,2 % est calculée et payée par le souscripteur.
Qu’est-ce que le risque démographique et pourquoi compte-t-il en Italie ?
La Cour de cassation (arrêt n° 6319/2019) exige qu’un contrat en unités de compte fasse courir à l’assureur un risque réel lié à la vie de l’assuré pour être traité comme une assurance. Sans ce risque, le contrat est requalifié en produit financier et perd son régime fiscal et ses protections civiles. Les contrats conçus pour l’Italie comportent une garantie décès calibrée à cet effet.
Le capital décès est-il taxé en Italie ?
Il est exclu de la succession (article 1920 du Code civil, article 12 du décret législatif 346/1990). La composante de couverture du risque démographique est exonérée d’impôt sur le revenu ; la composante financière est soumise à l’impôt de substitution de 26 %.
Un assureur luxembourgeois peut-il retenir l’impôt italien à ma place ?
Oui, s’il a exercé l’option pour agir comme substitut d’impôt en Italie. Il retient alors l’impôt de substitution au rachat et perçoit l’imposta di bollo, ce qui allège la déclaration du souscripteur. Demander ce point avant de souscrire.
Que devient le contrat si je reviens en France ?
Il continue avec son antériorité. Les rachats sont de nouveau imposés au régime des résidents français, l’article 990 I s’applique au décès et la déclaration 3916 reprend dès la première année.

Sources et références

Les règles du pays de résidence sont décrites à titre de repère, d’après les textes et sources cités en bas de page ; elles évoluent et doivent être confirmées avec un conseil fiscal local avant toute décision. Les règles françaises citées relèvent du Code général des impôts.

  • Decreto del Presidente della Repubblica n. 917/1986 (TUIR), articles 44 et 45 : revenus de capitaux issus des contrats d’assurance-vie ; décret-loi n° 66/2014 : taux de 26 % et part à 12,5 % pour les titres d’État.
  • Fiscomania, Polizze unit linked estere: tassazione : impôt de substitution de 26 %, option de substitut d’impôt, IVAFE de 0,2 %, quadro RW, article 34 du DPR 601/1973.
  • Corte di Cassazione, sentenza n. 6319/2019 : nature assurantielle des contrats unit linked et exigence du risque démographique.
  • Codice civile, articles 1920 et 1923 : droit propre du bénéficiaire ; insaisissabilité relative des sommes dues par l’assureur.
  • Decreto legislativo n. 346/1990, article 12 : exclusion de l’actif successoral des indemnités d’assurance-vie.
  • Decreto del Presidente della Repubblica n. 601/1973, article 34 ; Agenzia delle Entrate, circolare 8/E du 1er avril 2016 : exonération de la composante démographique du capital décès.
  • Code général des impôts, article 990 I : prélèvement sur les capitaux décès ; domicile du bénéficiaire.
  • Code général des impôts, article 125-0 A : prélèvement forfaitaire des non-résidents de France (II bis), limité aux contrats souscrits auprès d’assureurs établis en France.
  • Règlement (UE) n° 650/2012 : loi applicable aux successions et choix de la loi nationale.

Dernière revue le 20 octobre 2026. Cette page est éducative ; elle ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou en assurance. Voir nos normes éditoriales pour la manière dont ce contenu est sourcé et corrigé.

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