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Point mort : contrat luxembourgeois ou compte-titres ?

Le même capital, placé de la même façon, détenu en direct dans un compte-titres ou à l’intérieur d’un contrat luxembourgeois. Avec vos frais, vos hypothèses de rendement et votre scénario de sortie, à partir de quelle année le contrat prend-il l’avantage, et de combien ?
8 min de lecture · Revue le 20 octobre 2026 · Sources primaires citées en bas de page
L’essentiel en trente secondes
  • Le compte-titres paie l’impôt chaque année sur les dividendes, les coupons et les plus-values réalisées : 31,4 % depuis 2026. Le contrat ne paie rien en cours de route mais porte ses frais, puis 30 % au plus sur les gains à la sortie.
  • Le point mort est la première année à partir de laquelle le contrat reste devant jusqu’à la fin de l’horizon. Une avance qui disparaît ensuite n’est pas un point mort, et le simulateur le dit.
  • Avec un portefeuille passif, peu distributif et peu remanié, un contrat chargé à 1 % par an peut ne jamais rattraper un compte-titres à 0,3 % : la vérité dépend des frais, pas de la brochure.
  • Au décès, la comparaison change de nature : le contrat bénéficie de l’article 990 I (152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % et 31,25 %) alors que le compte-titres entre dans la succession.
  • Les frais par défaut sont des ordres de grandeur à remplacer par votre devis ; le simulateur le rappelle tant qu’ils n’ont pas été touchés.
Sommaire
  1. La question que pose ce simulateur
  2. La méthode, ligne par ligne
  3. Deux exemples, refaits à la main
  4. Questions fréquentes
  5. Sources et références

Par Eldar Edmond Grady, PPLI.com · Méthode et paramètres revus le 20 octobre 2026

Vos hypothèses
Avant frais et avant impôt, identique dans les deux enveloppes.
Dividendes et coupons, imposés chaque année dans le compte-titres.
Part des plus-values latentes vendue dans l’année (rotation du portefeuille).
Frais
Assureur, gestionnaire du fonds dédié, dépositaire. Demandez chaque ligne par écrit.
Mandat de gestion ou droits de garde et courtage, pour une gestion comparable.
Sortie
Enfants ou autres bénéficiaires désignés, hors conjoint.
Taux marginal applicable à vos héritiers, abattements supposés consommés par le reste de la succession. 20 % en ligne directe pour la plupart des patrimoines importants.
Résultat
 point mort

Contrat luxembourgeois, netCompte-titres, net
AnnéeCompte-titres netContrat netÉcart

Net : ce qui resterait après l’impôt de sortie (rachat) ou après les droits et prélèvements au décès, chaque année de l’horizon. Les frais sont prélevés sur la valeur en début d’année.

La question que pose ce simulateur

Un contrat luxembourgeois ne fait pas gagner un taux d’imposition à un résident français : au rachat, ses gains sont imposés comme ceux d’un contrat français, et la seule différence avec un compte-titres tient au moment où l’impôt est payé. Dans un compte-titres, chaque dividende, chaque coupon et chaque plus-value réalisée est imposé l’année même, à 31,4 % depuis 2026. Dans le contrat, rien n’est prélevé tant qu’il n’y a pas de rachat ; les sommes qui auraient servi à payer l’impôt continuent de travailler.

En face, le contrat coûte des frais que le compte-titres n’a pas, ou pas au même niveau. La question est donc arithmétique : le différé d’imposition rapporte-t-il plus que les frais ne coûtent, et au bout de combien de temps ? C’est ce que le simulateur calcule, année par année, sur vos propres hypothèses. Notre page sur les frais et le seuil de rentabilité explique ce que recouvre chaque ligne de frais ; notre avis dit sans détour pour qui le calcul se tient, et pour qui il ne se tient pas.

Pourquoi le décès change tout

Au décès, le compte-titres entre dans la succession pour sa valeur du jour, plus-values latentes purgées, et supporte les droits selon le lien de parenté. Le contrat, lui, échappe aux droits de succession pour les primes versées avant soixante-dix ans et relève de l’article 990 I : 152 500 € d’abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà, le conjoint étant exonéré. Pour un couple avec deux enfants et un patrimoine déjà taxé à 20 % en ligne directe, cela représente plusieurs dizaines de milliers d’euros, souvent davantage que tout ce que le différé d’imposition aura produit. Le scénario « décès » du simulateur montre cet écart.

La méthode, ligne par ligne

Compte-titres

Chaque année : le rendement brut se partage entre une part distribuée, imposée immédiatement à 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) puis réinvestie, et une part capitalisée qui reste en plus-value latente. Une fraction de cette plus-value latente, la rotation, est réalisée et imposée dans l’année ; le reste s’accumule. Les frais du compte-titres sont prélevés sur la valeur. À la sortie par rachat, la plus-value latente restante est imposée à 31,4 % ; au décès, elle est purgée et la valeur supporte le taux de droits de succession indiqué.

Contrat luxembourgeois

Les frais d’entrée sont déduits au départ, les frais annuels prélevés en début d’année, et la valeur capitalise au rendement brut sans impôt. À la sortie par rachat total, les gains supportent le régime de l’article 125-0 A : 30 % avant huit ans ; après huit ans, abattement de 4 600 € ou 9 200 €, 7,5 % sur les produits des 150 000 premiers euros de primes, 12,8 % au-delà, et 17,2 % de prélèvements sociaux sur l’ensemble. Au décès, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus sur les gains du contrat, puis le capital net est réparti entre les bénéficiaires et supporte le prélèvement de l’article 990 I.

Ce que le simulateur ne fait pas

  • Il suppose un rendement constant et identique dans les deux enveloppes ; un fonds dédié peut accéder à des actifs qu’un compte-titres de particulier ne détient pas, ce n’est pas modélisé.
  • Il ignore les rachats partiels en cours de route, l’option pour le barème progressif et les contributions sur les hauts revenus.
  • Au décès, il suppose des primes versées avant soixante-dix ans et des bénéficiaires autres que le conjoint ; pour les autres cas, utilisez le simulateur de transmission.
  • Il ne tient pas compte de la protection des actifs, de la portabilité internationale ni de la liberté de supports, qui sont des raisons de choisir le contrat sans être des chiffres.

Deux exemples, refaits à la main

1 000 000 € placés dix ans à 5 % par an, sans frais d’aucun côté, pour un couple, sortie par rachat total.

Portefeuille sans distribution ni rotation : seul le moment de l’impôt diffère
Les deux enveloppes 1 000 000 × 1,05^10 = 1 628 895 € Compte-titres 1 628 895 − 31,4 % × 628 895 = 1 431 422 € Contrat produits 628 895, dont 94 334 attachés aux 150 000 premiers euros (94 334 − 9 200) × 7,5 % + 534 561 × 12,8 % + 628 895 × 17,2 % = 182 979 € 1 628 895 − 182 979 = 1 445 916 €
Portefeuille entièrement distributif, imposé chaque année
Compte-titres 1 000 000 × (1 + 5 % × (1 − 31,4 %))^10 = 1 401 087 € Contrat inchangé = 1 445 916 €

Dans le premier cas, l’écart de 14 494 € vient du taux de sortie, plus doux dans le contrat après huit ans. Dans le second, l’écart de 44 829 € vient du différé : l’impôt payé chaque année dans le compte-titres ne capitalise plus. Ajoutez 1 % de frais annuels au contrat et 0,6 % au compte-titres, et c’est la structure des frais qui décide, comme le montre le simulateur avec ses hypothèses par défaut.

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Questions courantes

Questions fréquentes

Un contrat luxembourgeois est-il toujours plus intéressant qu’un compte-titres ?
Non. Pour un résident français, le taux d’imposition des gains est comparable ; l’avantage vient du différé d’imposition et, au décès, de l’article 990 I. Il est compensé par les frais du contrat. Avec un portefeuille passif, peu distributif et peu remanié, un contrat chargé à 1 % peut ne jamais rattraper un compte-titres à 0,3 % sur vingt ans. Le simulateur le montre plutôt que de l’éluder.
Pourquoi 31,4 % pour le compte-titres et 30 % pour l’assurance-vie ?
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, soit 18,6 % de prélèvements sociaux et un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur les dividendes, intérêts et plus-values. Les produits des contrats d’assurance-vie et de capitalisation sont expressément exclus de cette hausse et restent à 17,2 %, soit 30 % au plus.
Quels frais faut-il entrer pour le contrat ?
Le total annuel de ce que vous paierez réellement : frais de l’assureur sur l’encours, honoraires du gestionnaire du fonds dédié, frais du dépositaire, et, s’il y a lieu, frais des fonds sous-jacents. Chaque ligne doit figurer par écrit dans la proposition. Les frais d’entrée se mettent à part.
Pourquoi le scénario décès est-il si différent ?
Parce que le compte-titres entre dans la succession et supporte les droits au taux de vos héritiers, alors que le contrat relève de l’article 990 I : 152 500 € d’abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà, conjoint exonéré. Pour deux enfants, les abattements seuls représentent 305 000 € hors droits.
Le simulateur tient-il compte de la liberté de supports du contrat luxembourgeois ?
Non. Il compare le même rendement dans les deux enveloppes. Si le fonds dédié donne accès à des actifs ou à une gestion que le compte-titres n’offre pas, c’est un avantage réel mais qui ne se chiffre pas de façon honnête à l’avance.

Sources et références

Le simulateur applique les règles françaises en vigueur au 20 octobre 2026. Il donne un ordre de grandeur sur des hypothèses simplifiées ; une décision se prend sur un devis écrit et avec un conseil.

Dernière revue le 20 octobre 2026. Cette page est éducative ; elle ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou en assurance. Voir nos normes éditoriales pour la manière dont ce contenu est sourcé et corrigé.

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