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Transmission : ce que reçoivent vos bénéficiaires

Articles 990 I et 757 B du Code général des impôts contre les droits de succession de droit commun. Pour chaque bénéficiaire, selon son lien avec vous, ce qu’il recevrait par la clause bénéficiaire du contrat et ce qu’il recevrait si le même capital passait par la succession.
7 min de lecture · Revue le 20 octobre 2026 · Sources primaires citées en bas de page
L’essentiel en trente secondes
  • Le capital versé au décès aux bénéficiaires désignés échappe aux droits de succession pour les primes versées avant soixante-dix ans : il relève de l’article 990 I, avec 152 500 € d’abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà.
  • Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés dans les deux cas ; l’avantage du contrat se mesure pour les enfants, les frères et sœurs, les neveux et les tiers.
  • Les primes versées après soixante-dix ans suivent l’article 757 B : au-delà de 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires, elles rentrent dans les droits de succession, mais les gains qu’elles ont produits restent exonérés.
  • En ligne directe, le contrat apporte peu au-delà de l’abattement de 152 500 € par enfant ; pour un neveu ou un tiers, il transforme 55 % ou 60 % de droits en 20 % à 31,25 %.
  • Un contrat luxembourgeois est traité exactement comme un contrat français par ces articles, dès lors que l’assuré est domicilié en France au décès.
Sommaire
  1. Ce que compare le simulateur
  2. Un exemple, refait à la main
  3. Questions fréquentes
  4. Sources et références

Par Eldar Edmond Grady, PPLI.com · Méthode et paramètres revus le 20 octobre 2026

Le contrat
Le montant versé par l’assureur : la valeur du contrat au décès, après les prélèvements sociaux de 17,2 % qu’il retient sur les gains. Un contrat de 2 000 000 € comportant 800 000 € de gains verse 1 862 400 €.
Mettez 0 si tous les versements ont eu lieu avant soixante-dix ans.
Les bénéficiaires

Les parts sont exprimées en pourcentage et ramenées à 100 si leur total diffère.

Résultat
 de droits en moins grâce à la clause bénéficiaire

BénéficiaireReçoitPar le contrat, netPar la succession, netÉcart

Par le contrat : prélèvement de l’article 990 I sur la part attachée aux primes versées avant soixante-dix ans, droits de succession sur la part des primes versées après soixante-dix ans au-delà de 30 500 €. Par la succession : droits de droit commun sur le même capital, avec ou sans abattements selon la case cochée.

Ce que compare le simulateur

Quand l’assuré décède, l’assureur verse le capital aux bénéficiaires désignés dans la clause, en dehors de la succession civile et en dehors des droits de succession, dans les limites fixées par deux articles du Code général des impôts. Le simulateur applique ces deux articles à chaque bénéficiaire, puis calcule ce que le même capital aurait coûté s’il avait été transmis par testament ou par la loi, aux droits de droit commun.

Article 990 I : les primes versées avant soixante-dix ans

Chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 € sur la part qui lui revient, tous contrats confondus. Au-delà, un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable, puis de 31,25 %. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS en sont exonérés. Le prélèvement porte sur le capital décès attaché aux primes versées avant soixante-dix ans, gains compris. Le simulateur suppose, par simplification, que les gains du contrat sont attachés à ces primes ; l’assureur établit la répartition exacte au décès.

Article 757 B : les primes versées après soixante-dix ans

Les primes versées après le soixante-dixième anniversaire de l’assuré entrent dans la succession pour la fraction qui dépasse 30 500 €, abattement unique partagé entre tous les bénéficiaires. Elles supportent alors les droits de succession selon le lien de parenté. Les gains produits par ces primes, eux, sont exonérés : c’est ce qui fait qu’un versement après soixante-dix ans reste souvent préférable à une détention en direct.

Les droits de droit commun

Pour la comparaison, le simulateur applique le barème des droits de succession : en ligne directe, abattement de 100 000 € puis barème progressif de 5 % à 45 % ; entre frères et sœurs, 15 932 € puis 35 % et 45 % ; pour les neveux et nièces, 7 967 € puis 55 % ; pour les autres, 1 594 € puis 60 %. La case « abattements disponibles » permet de simuler le cas, fréquent, où le reste de la succession les a déjà consommés. Notre page sur la transmission et celle sur la clause bénéficiaire donnent le contexte civil, réserve héréditaire comprise.

Ce que le simulateur ne fait pas

  • Il ne vérifie pas le caractère manifestement exagéré des primes, qui permettrait aux héritiers réservataires de contester la clause.
  • Il ne traite ni les contrats démembrés (usufruit et nue-propriété), ni les bénéficiaires domiciliés hors de France, ni les assurés non domiciliés en France au décès.
  • Il ne cumule pas plusieurs contrats : l’abattement de 152 500 € s’apprécie par bénéficiaire sur l’ensemble des contrats de l’assuré.

Un exemple, refait à la main

Un contrat de 2 000 000 €, alimenté avant soixante-dix ans, désigne deux enfants à parts égales. Les abattements de droit commun sont disponibles.

Par le contrat : article 990 I, pour chaque enfant
Part 1 000 000 € Abattement 152 500 € base 847 500 € Prélèvement 700 000 × 20 % + 147 500 × 31,25 % = 186 094 € Reçoit net 813 906 €
Par la succession : droits en ligne directe, pour chaque enfant
Part 1 000 000 € Abattement 100 000 € base 900 000 € Barème 8 072 × 5 % + 4 037 × 10 % + 3 823 × 15 % + 536 392 × 20 % + 347 676 × 30 % = 212 962 € Reçoit net 787 038 €

L’écart est de 26 868 € par enfant, 53 736 € au total. Il est modeste parce que la ligne directe est déjà taxée à 20 % sur l’essentiel. Remplacez un enfant par un neveu, et l’écart sur sa part dépasse 350 000 € : 55 % de droits contre 20 % à 31,25 % de prélèvement. C’est pour les transmissions hors ligne directe, et pour les patrimoines qui dépassent largement les abattements, que la clause bénéficiaire pèse le plus.

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Questions courantes

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’article 990 I du CGI ?
Le prélèvement qui s’applique aux capitaux décès d’une assurance-vie pour les primes versées avant les soixante-dix ans de l’assuré : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà. Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés.
Et l’article 757 B ?
Il concerne les primes versées après soixante-dix ans : au-delà de 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires, elles sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté. Les gains produits par ces primes restent exonérés.
Un contrat luxembourgeois est-il soumis aux mêmes règles au décès ?
Oui, dès lors que l’assuré est domicilié en France au décès, ou que le bénéficiaire y est domicilié au décès et l’a été six des dix années précédentes. L’assureur luxembourgeois ne prélève pas lui-même le 990 I : le bénéficiaire le déclare et le paie en France, sur la base de l’attestation de l’assureur.
L’abattement de 152 500 € est-il par contrat ou par bénéficiaire ?
Par bénéficiaire, tous contrats confondus, pour un même assuré. Deux contrats de 300 000 € désignant la même personne ne donnent qu’un seul abattement de 152 500 €.
La clause bénéficiaire permet-elle de contourner la réserve héréditaire ?
Non. Les héritiers réservataires peuvent faire réintégrer les primes manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur. Dans les limites raisonnables, le capital est hors succession civile et hors droits de succession.
Que se passe-t-il si le bénéficiaire est le conjoint ?
Il ne paie rien : ni prélèvement de l’article 990 I, ni droits de succession, depuis la loi du 21 août 2007. L’intérêt de le désigner tient alors au civil (capital disponible immédiatement, hors indivision), pas au fiscal.

Sources et références

Le simulateur applique les textes suivants, dans leur rédaction en vigueur au 20 octobre 2026. Il ne remplace ni la lecture de la clause bénéficiaire, ni l’avis d’un notaire.

  • Code général des impôts, article 990 I : prélèvement sur les sommes versées au décès au titre des primes versées avant soixante-dix ans ; abattement de 152 500 €, taux de 20 % et 31,25 %, exonération du conjoint et du partenaire de PACS.
  • Code général des impôts, article 757 B : primes versées après soixante-dix ans soumises aux droits de succession au-delà de 30 500 €.
  • Code général des impôts, articles 777, 779 et 796-0 bis : barème des droits de succession, abattements selon le lien de parenté, exonération du conjoint survivant et du partenaire de PACS.
  • Code des assurances, article L. 132-12 : le capital versé au bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession de l’assuré ; article L. 132-13 : primes manifestement exagérées.
  • Règlement (UE) n° 650/2012 : loi applicable à la succession, pour les familles internationales.

Dernière revue le 20 octobre 2026. Cette page est éducative ; elle ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou en assurance. Voir nos normes éditoriales pour la manière dont ce contenu est sourcé et corrigé.

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