250 000 € est le montant à partir duquel la plupart des compagnies luxembourgeoises acceptent d’ouvrir un contrat, et celui de la catégorie A de la lettre circulaire 26/1 : 125 000 € de prime et 250 000 € de fortune mobilière. Le souscripteur peut choisir un fonds dédié avec un gestionnaire sous mandat, ou rester en fonds externes et en fonds d’assurance spécialisé, où il choisit lui-même ses supports. Notre page sur le montant minimum explique les seuils ; celle-ci se concentre sur ce que l’on peut raisonnablement attendre d’un contrat de cette taille.
La difficulté n’est pas l’accès, c’est la proportion. Les frais d’un contrat luxembourgeois comportent des minimums en euros : frais de mise en place, frais de dépositaire, honoraires minimaux du gestionnaire. Rapportés à 250 000 €, les frais propres au contrat se situent souvent entre 0,50 % et 1 % par an, avant même la gestion du portefeuille, là où le même contrat à deux millions descend vers 0,30 %. Le différé d’imposition doit payer cette différence, et il n’y parvient pas toujours.
Le montant, la catégorie et les frais se mélangent facilement dans les discussions. Ils obéissent pourtant à des règles différentes. Le montant de cette page, 250 000 € de primes, est un exemple. La catégorie de souscripteur dépend de deux seuils cumulatifs fixés par la lettre circulaire 26/1 du Commissariat aux Assurances : les primes versées chez l’assureur et la fortune mobilière que vous déclarez. Les frais, eux, ne dépendent d’aucun texte : ils se négocient avec l’assureur, le gestionnaire et l’intermédiaire.
| Catégorie | Prime minimale | Fortune mobilière minimale | Avec 250 000 € de primes |
|---|---|---|---|
| Catégorie A | 125 000 € | 250 000 € | oui, si votre fortune mobilière atteint 250 000 € |
| Catégorie B | 250 000 € | 500 000 € | oui, si votre fortune mobilière atteint 500 000 € |
| Catégorie C | 250 000 € | 1 250 000 € | oui, si votre fortune mobilière atteint 1 250 000 € |
| Catégorie D | 1 000 000 € | 2 500 000 € | non : la prime minimale est de 1 000 000 € |
Pour les frais, nos calculs séparent ce que vous paieriez de toute façon de ce que le contrat ajoute. La gestion du portefeuille, retenue à 0,60 % par an, et les frais des fonds sous-jacents se paient aussi dans un compte-titres géré de la même manière : ils ne départagent pas les deux enveloppes. Ce qui les départage, ce sont les frais propres au contrat, c’est-à-dire les frais de l’assureur sur l’encours et, le cas échéant, la rémunération de l’intermédiaire au titre du contrat. À ce montant, nous les situons entre 0,50 % et 1,00 % par an, avec une hypothèse centrale de 0,75 %. Ce sont des repères tirés des fourchettes publiées en 2026, détaillés sur notre page frais et seuil de rentabilité, pas une offre d’assureur. Un devis réel se demande par écrit, ligne par ligne.
Fonds externes (OPCVM, ETF, fonds alternatifs référencés par l’assureur), fonds d’assurance spécialisé où le souscripteur pilote lui-même, et fonds dédié de la catégorie que permet votre fortune mobilière. En catégorie A : non-coté jusqu’à 10 % par émetteur et 20 % au total, fonds alternatifs à garanties renforcées jusqu’à 20 % par fonds. Pour un portefeuille de 250 000 €, le fonds dédié n’a de sens que si un gestionnaire accepte le mandat à un coût raisonnable ; sinon, le fonds d’assurance spécialisé ou une sélection de fonds externes est plus économique. Notre page sur le fonds interne dédié détaille les catégories.
Dans notre hypothèse centrale, le contrat coûte 1,35 % par an gestion comprise, soit 3 375 € environ la première année, hors frais des fonds sous-jacents. Chaque ligne se demande par écrit : frais de l’assureur sur l’encours, rémunération de l’intermédiaire, honoraires du gestionnaire ou frais des fonds, dépositaire, mise en place. Notre page sur les frais donne la grille de lecture. Un intermédiaire qui refuse de chiffrer en euros n’est pas le bon.
Les repères ci-dessous sortent de nos simulateurs, avec des hypothèses volontairement ordinaires : 5 % de rendement brut par an, dont 40 % distribués, 35 % des plus-values réalisées chaque année dans le compte-titres, 0,60 % de gestion dans les deux enveloppes et 0,75 % de frais propres au contrat, soit 1,35 % par an au total pour le contrat, frais des fonds sous-jacents exclus parce qu’ils sont les mêmes des deux côtés. Un couple, deux enfants. Ils ne sont pas une prévision ; ils montrent où se situe le point d’équilibre pour ce montant.
| Scénario | Compte-titres | Contrat luxembourgeois | Écart |
|---|---|---|---|
| Rachat total après 20 ans, net d’impôt | 454 329 € | 437 619 € | −16 709 € |
| Décès après 20 ans, net de droits, de prélèvements sociaux et de 990 I | 371 103 € | 430 202 € | +59 099 € |
Sur un rachat total à vingt ans, le contrat ne rattrape pas le compte-titres en vingt ans et termine 16 709 € derrière. Au décès, l’écart vient de la différence entre l’article 990 I, avec ses 152 500 € d’abattement par enfant, et les droits de succession qui frapperaient le compte-titres : 59 099 € de plus pour les bénéficiaires, prélèvements sociaux sur les gains du contrat déjà déduits. Un rachat partiel de 10 % du contrat à la neuvième année, soit 34 318 € sur une valeur de 343 176 €, contient 9 318 € de gains et coûte 1 618 € d’impôt et de prélèvements : 32 700 € net.
Le point d’équilibre bouge beaucoup avec deux variables : les frais propres au contrat et le rendement du portefeuille. Le tableau suivant refait le calcul du rachat total à vingt ans pour trois niveaux de frais et trois rendements. Il dit mieux qu’un chiffre unique où se situe votre cas.
| Frais propres au contrat | Rendement 3 % | Rendement 5 % | Rendement 7 % |
|---|---|---|---|
| Bas : 0,50 % par an | −13 789 € (jamais devant en 20 ans) | +2 496 € (devant dès l’an 18) | +39 902 € (devant dès l’an 8) |
| Central : 0,75 % par an | −26 863 € (jamais devant en 20 ans) | −16 709 € (jamais devant en 20 ans) | +11 892 € (devant dès l’an 15) |
| Haut : 1,00 % par an | −39 321 € (jamais devant en 20 ans) | −35 012 € (jamais devant en 20 ans) | −14 801 € (jamais devant en 20 ans) |
Refaites ces calculs avec vos propres frais et vos propres hypothèses : point mort, rachat, transmission.
Le contrat de 250 000 € a un sens dans trois cas. Une famille qui prépare un départ de France : le contrat est portable, et sa fiscalité suit le pays d’accueil, comme l’expliquent nos pages non-résident et pays par pays. Une enveloppe destinée à grandir, alimentée chaque année, pour laquelle on veut prendre date au Luxembourg dès maintenant. Et une transmission hors ligne directe, à un neveu ou à un tiers, où l’article 990 I remplace 55 % ou 60 % de droits par 20 %. Pour un résident français sans projet, avec un portefeuille simple, notre avis est le même que sur les autres pages : un contrat français en unités de compte ou un compte-titres bon marché fait aussi bien, et le comparatif le montre critère par critère.
Les règles du pays de résidence sont décrites à titre de repère, d’après les textes et sources cités en bas de page ; elles évoluent et doivent être confirmées avec un conseil fiscal local avant toute décision. Les règles françaises citées relèvent du Code général des impôts.
Dernière revue le 20 octobre 2026. Cette page est éducative ; elle ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou en assurance. Voir nos normes éditoriales pour la manière dont ce contenu est sourcé et corrigé.
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